Taos Amrouche (1913-1976)

De tous les auteurs féminins kabyles, s’il y en a une aux multiples talents et riche production c’est bien Taos Marie-Louise Amrouche.

Issue de l’illustre famille Amrouche, fille de Fadma Ath Mansour Amrouche et soeur du non moins illustre Jean Amrouche, Taos est à l’origine d’une production artistique aussi riche que variée allant de la littérature, roman, poésie, contes et proverbes, au chant en passant par l’essai et l’autobiographie.

Née un 4 mars 1913, elle passe son enfance à Tunis et n’a de contact avec la Kabylie de ses origines que durant les vacances scolaires.
Après un bref passage familial puis des études à Paris “la guerre n’empêcha pas Marie-Louise dans la voie qu’elle s’était ouverte après avoir chanté les chants berbères transmis par moi au Congrès de Fès, elle fut appelée en Espagne, à la Casa Velasquez, en mai 1941.”

En même temps que l’ouvrage de sa vie, le recueil des chants kabyles, Taos entreprend l’écriture de romans autobiographiques, dont le premier, Jacinthe noire publié en 1947. Jusqu’à la fin de la guerre, elle erre entre Madrid où elle rencontre et épouse le peintre André Bourdil, Alger et Tunis avant de s’installer à Paris chez l’écrivain Jean Giono qui lui inspire son deuxième roman, L’amant imaginaire publié vingt cinq ans plus tard (1975).

A partir de 1950, elle entame une carrière radiophonique sur France Culture en même temps qu’elle poursuit sa quête des chants kabyles. Les années soixante voient la publication de son troisième roman, Rue des tambourins , le recueil de contes et poèmes, Le Grain magique et un prix d’ethnologie musicale pour son premier disque de chants kabyles.
Dans les dix années qui suivent et jusqu’à sa mort en 1976, elle enregistre encore cinq disques, sillonne l’Afrique (à l’exception de l’Algérie hostile à une politique pro berbère) et l’Europe pour des concerts et reçoit l’appréciation de personnalités éminentes telles que André Breton, Jean Pelegri, Mohamed Dib, Kateb Yacine ou encore Léopold Sedar Senghor. Son dernier roman, Solitude ma mère a été publié à titre posthume en 1995.

“Confrontée à l’injustice du colonialisme et à une société où l’archétype est masculin, ceci doublé de sa dualité culturelle et spirituelle, Taos, à l’instar de toute sa famille, vivra dans le déchirement et l’exclusion. Enfin, Taos nous a quittés à jamais, un jour de printemps du 02 avril 1976, loin de son pays, à Saint-Michel l’Observatoire, en France.
Elle est partie avec l’espoir que “le grain magique” qu’elle a semé donnera des milliers et des milliers d’épis, que se concrétisera cette parole que sa mère ne cessait de lui psalmodier : « Va ma fille, Dieu fasse que ton soleil perce les nuages », et que ce soleil brillera sur tous les pays de la Berbérie.”

Romans :

  • Jacinthe noire, 1947
  • Le Grain magique, recueil de contes et de poèmes, 1966
  • Rue des tambourins, roman, 1969
  • L’amant imaginaire, roman autobiographique, 1975
  • Solitude ma mère, roman posthume,1995
  • Discographie :
  • Chants berbères de Kabylie, 1967, Grand prix du disque
  • Chants de processions, méditations et danses sacrées berbères, 1967
  • Chants de l’Atlas, 1971
  • Chants espagnols archaïques de la Alberca, 1972
  • Incantations, méditations et danses sacrées berbères,1974
  • Chants berbères de la meule et du berceau,1975

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