Tizi n’Berber ou la colline des Berbères

La kabylie est vaste et chaque ville, commune ou village renferment des particularités relatives, entre autres, aux coutumes et au langage. Quand je parle dans ce blog de la Kabylie, je me réfère à ce que je connais le mieux : la région du Sahel, la ville d’Aokas et le village de Tizi n’ Berber.  Bien évidemment, Tizi n’ Berber n’est pas la Kabylie, c’est un aperçu que je vous offre pour donner l’envie d’aller plus loin et de découvrir les merveilles et les trésors de la Kabylie toute entière….

Tizi n’Berber vient de « Tizi » qui veut dire « colline » et « n’ »  est la particule d’appartenance ; Tizi n’Berber signifie donc  « La colline des berbères ». La commune fait partie de la région du Sahel, région littorale qui s’étend entre  Bakaro et Souk el Tenine.

Tassahlit : Les origines du dialecte

Les premiers habitants du Sahel seraient originaires du Maroc de la région de Sakiet el Hamra. Cette information est essentielle pour comprendre pourquoi le parler des habitants de la région est différent de celui du reste de la Kabylie. Le parler à Tizi n’Berber est le Tassahlit, une variante Amazighe locale.

Il existe plusieurs dialectes berbères en Algérie et au Maroc, les premiers habitants de Tizi n’Berber parlaient le dialecte berbère marocain le Tachelhit. La situation géographique de la région du Sahel a occasionné d’autres évolutions dans le langage. En effet, le Sahel a des ouvertures à l’est vers les régions arabophones et chaouis et à l’ouest vers les régions kabyles. Le Tachelhit tel qu’il a été pratiqué par les premiers habitants a subi des changements en empruntant des mots chaouis et kabyles. Le Tassahlit est différent du kabyle parlé dans les autres régions sur un point précis : la négation.

Pour Isahlyen (les habitants du Sahel) la négation est « Ula » et non pas « Ara » . Exemple pour dire « je n’ai pas mangé » : « Ul cciγ ara » pour le reste des régions Kabyles, en Tassahlit on dit « Ur cciγ ula ». Parfois, on utilise dans le parler « tha » au début du mot pour la négation, par exemple « tha cciγ » . Dans d’autres régions du Sahel, on utilise « Ani » pour la négation, comme « Ul cciγ ani ».

Les villages de Tizi n’ Berber

Tizi n’Berber existe administrativement depuis 1984, son chef lieu est Aokas dont voici les différentes fractions :

Iouricine – Ighil Marzouk-Iguer Oulmou-Agueni irouel-Tiboulamine-Imdane-agueni n’ Tmara-agueni Messouad-Bouamara-Tifernine-Ihghil Ouis-Adrar Aânan-Tiziwal-Timseyyit-Tihmilt-Medkour-Tazrout-Tisserghint-Tarachochet-Bourssas-Thadjant-Itouchen-Bourbia-Talilaliwin-Aârroussa-Timaâraest-Takoukawt-Amalou-Tikoutar.

Dans la région, comme ailleurs en Kabylie, le système d’appellation des habitants se base sur le nom du village ou de la lignée familiale à laquelle il appartient. Dans la région de Tizi n’Berber, beaucoup de villages portent le nom de la première tribu ayant occupée les lieux. Pour parler d’une personne, on utilise rarement le nom de famille tel qu’il a été attribué au moment de la colonisation, celui-ci est purement administratif. Le système d’appellation d’avant la colonisation est resté le même : lorsque l’on veut citer une personne, le prénom est suivi du nom de sa région ou de sa tribu (qui aura pris le nom d’un ancêtre).

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