Yennayer / Ennayer

” Pour comprendre son présent, pour essayer de percer les ténèbres de son avenir, l’homme a besoin de reconstituer aussi complètement que possible son passé. Or les vestiges de ce passé dorment sous la terre dans le monde entier […] et la fraction que l’on peut en exhumer chaque année est infime en raison de la faiblesse des moyens mis en oeuvre. L’homme est, de tous les êtres vivants, celui que l’homme connaît le moins. Mais c’est la curiosité qui sauve, et c’est son objet qui compte : à savoir cet homme vers qui on est allé au prix de mille peines dans l’espoir peut-être vain d’apprendre de lui, ou par lui, quelque chose de nous-mêmes…” Citation extraite d’un site aztèque…autre culture millénaire.

En célébrant et en perpétuant Ennayer ou Yennayer autrement dit la quatrième porte de l’année, plus communément appelée Solstice d’hiver , la tradition berbère vient se placer aux côtés des traditions les plus ancestrales et les plus ésotériques.

L’origine de cette fête est à mettre sur le compte de la conception ou de la conscience de l’homme, et ce, depuis la nuit des temps, d’une régularité des cycles qui rythment la vie. Le calendrier n’est autre que l’aboutissement d’une division du temps qu’amènent les rituels liés à la naissance, la mort, le renouveau … au niveau de la nature ou de la communauté.

Ainsi, sont instaurées aussi bien des cérémonies cycliques liées aux saisons et à la course des planètes principalement au moment des solstices et des équinoxes, que des fêtes calendaires commémorant des évènements importants dans l’histoire de la communauté. Tout comme existent des rituels agraires en lien avec les travaux ruraux.

La tradition chinoise place au minuit du solstice d’hiver le moment le plus propice à la conception. Quant aux Indiens d’Amérique du Nord, ils donnent à cette lunaison le nom de lune du renouveau de la terre en l’associant au même arbre totem que les Celtes, le bouleau, parce qu’il se propage seul et qu’il est le premier des arbres forestiers à sortir ses feuilles. Comme chez les chrétiens célébrant la naissance de Jésus d’une vierge dans une étable, le rite celte d’Imbolc célèbre l’enfantement du fils de la déesse mère à minuit dans une caverne.

Les Berbères, enfin, consacrent cette porte de l’année ta wurt u segass à Ennayer, un 12 ou 13 janvier du calendrier grégorien, rite où l’on purifie la maison et où l’on se rassasie lors d’un dîner de l’année Imensi u segass pour écarter la famine sans oublier de réserver la part de l’Invisible et de l’absent.

Le plat en cette occasion est le couscous arrosé de légumes secs et de viande (volaille). On a coutume de destiner une pensée à tout le monde, même aux absents ; on dispose des cuillères autour du plat, aux présents comme aux absents. Et le plat (aqdih) ne doit pas être vidé ni nettoyé jusqu’au lendemain. Ce geste relève du fait que tout le monde doit profiter jusqu’à la fourmi. Pour caractériser l’ambiance, des rites de prophylaxie corporelle sont organisés dans certaines régions où le carnaval y trouve une place importante. Des enfants se promènent dans les rues, en portant une tenue vestimentaire conçue spécialement en cette occasion et un masque fabriqué à base de citrouille. Le chef du groupe est appelé Bou âfif qui, muni d’un tambour, quémande tout en frappant dessus et en répétant la phrase d’usage. Le ramassage des dons est l’affaire des enfants.

Les origines mythiques du calendrier berbère :

Même si l’histoire des Berbères remonte à une dizaine de milliers d’années avant Jésus-Christ, ce n’est qu’au temps de l’Egypte ancienne que sera fixé l’an zéro du calendrier berbère. Il correspond à la date où le roi Chacnaq 1er (Sheshonq) fût intrônisé pharaon d’Egypte (950 av JC).

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